mer.

20

août

2014

Coureur Je Te Connais

Nous voilà le 20 août, l'été va bientôt s'en aller que nous n'aurions pas eu d'épisode de chaleur intense. Tant mieux coureur et tant pis vacancier.

 

Il est venu le temps de reprendre le chemin des courses pédestres du coin, du potager français, de mon Lot et Garonne d'adoption. J'adore ces moments, une fois la ligne franchie, quand vous chante aux oreilles ce doux accent du sud-ouest. Je me sens revivre loin des grandes métropoles où l'être humain est appelé "main d'oeuvre", où le retour à la maison le soir se fait sous terre, où l'homme pressé est compressé dans une voiture appelée transport en commun. 

 

Dites moi franchement pensez vous que tous ces hommes et ces femmes ont tout en commun ? Certains diront oui parce que ce sont des hommes et femmes dans l'obligation de subsister dans une société où l'économie conditionne toutes les existences. J'y vois plutôt des êtres aussi différents les uns que les autres, des fonceurs, des patients, des inquiets, des intelligents, des vivants, des souffrants, des insensibles et des fragiles, quand ils sortent du boulot ils redeviennent uniques. J'apprends de vous, je m'inquiète pour vous, je suis heureux pour vous et je connais presque tout de vous. Courir peut vous apporter ce que la société vous prend et que votre famille vous offre, de la joie, de la confiance, de l'amitié et du soutien.

 

Je suis bien quand je suis au milieu de vous, au milieu de gens qui veulent se sentir vivre en tant qu'individu. Le coureur ne fait que réveiller en lui sont instinct de survie, fuir le prédateur, chasser sa proie, courir. Fatigué le soir, le coureur gagne un repos bien mérité, il n'est plus submergé par son stress professionnel, il est chez lui à l'abri du froid ou de la chaleur après les avoir affrontés. S'il a du mal à se projeter professionnellement, car à n'en pas douter la main d'oeuvre est périssable dans notre société, il a son marathon dans six mois, dans huit mois, ce truc au loin qui le garde éveillé, passionné, excité. 

 

Heureux qu'une nouvelle saison recommence, heureux de retrouver des personnes qui profitent de la vie, et merci coureur grâce à toi j'existe...

1 commentaires

Ciel Mon Cardio !

J'aurais pu vous faire l'article très "scientifique" sur le cardio, les bons vieux trucs que j'ai noté lors des colloques d'entraîneurs, Vo2, cardiostat, lactatémie etc... J'ai préféré à ça l'article qui sent le vécu d'entraîneur-entraîné, tel "un jour sans fin".


Je suis toujours étonné quand j'entends parler de l'inutilité du cardiofréquencemètre, ne seriez vous pas étonnés si on vous interrogeait sur l'utilité du tableau de bord de votre voiture ? J'entends souvent me dire "J'ai peur des radars donc je regarde mon tableau de bord ou j'enclenche le régulateur de vitesse" et bien moi je veux me faire plaisir en allant vite mais sans dépasser la limite.
Peut-on s'en passer ? Bien entendu, le coureur qui ne s'intéresse pas à ses performances, qui ne participe jamais à une course, lui il peut s'en passer. Il court une fois une semaine, la semaine qui suit il fera 3 sorties et puis rien la semaine suivante. Il est libre, dans les faits il n'y a rien sur le calendrier qui lui impose un minimum d'efficacité.

Pour les coureurs qui ont coché quelques dates sur le calendrier et qui visent une perf minimale, à ceux là j'aurais tendance à dire que la course à pied est un sport très exigeant, qui requiert un minimum de précision. Ne vous est-il jamais arrivé d'entendre un coureur le lendemain d'une course exprimer sa déception ? 
Avec le cardio point de surprise, et c'est même avec une estimation assez proche de votre performance à venir que vous prendrez le départ d'une course. "Cool aujourd'hui j'ai un record personnel dans les jambes" ou "Zen ! je sais qu'aujourd'hui je vais courir 45" à 1' au dessus de mon rp, les grillades étaient trop bonnes cet été".
Je sais où j'en suis donc je sais où je vais, pas de mauvaise surprise. 

Il y a la composante psychologique qui peut venir altérer une performance. En tant qu'entraîneur il m'arrive régulièrement de voir un coureur s'auto détruire sur la première partie de course malgré tout. Ce coureur a tendance à oublier tous les repères obtenus pendant les kilomètres d'entraînement, c'est le profil type du coureur qui ne se fient qu'aux facteurs extéroceptifs : ça court vite autour de moi donc je coure vite, ça encourage donc j'accélère. 
L'autre profil, souvent des femmes, ont souvent un comportement plus rationnel, centré sur son ressenti, les facteurs intéroceptifs. "Mes jambes tournent bien, est-ce que je peux en rajouter ? Oui mais d'après ma montre ça ne serait pas raisonnable !".

L'entraîneur est accroché à votre poignet, un petit coup d'œil au cardio-gps et on voit qu'on s'aventure dans des vitesses dangereuses. "Certes je n'ai pas mis ma ceinture mais je sais qu'à l'entraînement ce rythme j'avais du mal à l'atteindre ça vaut du 90%, je vais relâcher j'ai encore 6 km à faire."

Pour comprendre l'importance du cardio il faut comprendre comment on évalue la "cylindrée" du coureur. Imaginez un coureur sur un tapis de course avec un masque qui mesure la respiration, il a une ceinture cardio-thoracique (eh oui ! le Docteur en a besoin) et toutes les minutes on accélère le tapis jusqu'à ce que le coureur saute du tapis à bout de souffle. Là j'ai ma fréquence cardiaque max et mes seuils, et je vais pouvoir selon différents modes de calcul (Karvonen ou en pourcentage de la fréquence cardiaque maximale) doser mes efforts. Et c'est là que pour certains c'est une révélation : "coach ! j'hallucine tu m'as fait ramer à 80-85 % pendant x séances et le dimanche j'affiche moins 10" au km sans souci" où alors "J'attaque les premières cotes de la course à 85% comme tu me l'as dit, ils m'ont tous passé et à 4 km du but je les ai tous repassés !", "Coach, là j'ai un doute tu me demandes de courir mon trail à 130 bpm ?! je vais marcher dans les cotes ?!", fin de course "Incroyable à la fin je courais dans les cotes alors que certains faisaient des pauses !".
Le pompon, c'est le coureur qui te dis : "le cardio c'est fait pour courir dans sa zone de confort : no pain no gain" et moi de répondre "bourrin no gain" (en français pour la rime).

 Je vais vous compter l'histoire du gars qui dès sa première saison est passé de 47'30 à 34'01 avec 4 séances hebdo, le cardio a été son partenaire toute cette saison. Sous la pression des copains il a laissé la ceinture dans un tiroir et voyant ses perfs retomber à 35' malgré des séances très dures et presque un dégoût du running, il reprend la bonne vielle méthode du cardio pour atteindre 33'07 avec un plaisir retrouvé. Cette histoire c'est la mienne, celle d'un gars sans talent, avec un test spirométrique médiocre, des tendons fragiles, mais une réflexion et une patience poussée à l'extrême. Le cardio m'a permis de rester rationnel, d'éviter les blessures (seulement deux en 15 ans : tendinite à la cheville à l'époque où je m'entraînais sans cardio et cette année en jouant au baseball avec des jeunes, en même temps je me suis pris pour Derek Jeter → google image mesdames c'est un beau gosse !). 

Le cardio c'est le passeport de la réussite pour les coureurs qui veulent progresser sans se ruiner la santé, pour un entraîneur, il permet d'adapter le programme au profil du coureur, c'est  la personnalisation de l'entraînement. Alors vous me direz, mais "je n'y comprends rien, à quelle valeur dois-je m'entraîner ?". Achetez des bouquins, lisez, et si vous n'en avez pas le temps ou la volonté, allez voir un entraîneur formé, fin psychologue et passionné. Quand on a envie d'apprendre à jouer d'un instrument qui va t-on voir ? Un professeur de musique. 

Après presque 20 ans à observer des coureurs pouvant-être performants, je me suis aperçu que ceux hermétiques au cardio n'ont pas fait long feu. D'ailleurs si je vous faisais la liste des coureurs que j'ai vu arrêter au bout de 3-4 saisons sans avoir rien compris à l'essence même de ce sport il y aurait de quoi remplir un annuaire. Mes protégés sont là cardio au poignet 7-8 ans plus tard tout sourire à l'arrivée de leur course, c'est bien là le plus important non ? S'épanouir !

 Au fait quel est l'essence de ce sport ? Le dosage des efforts, c'est un gage de durée et de régularité.

Bien à vous les adeptes de l'effort.

Entraînement et stage.

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